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Quand l’indifférence règne

Surtout ne jamais se dévoiler. Surtout, ne pas montrer ses faiblesses, ses failles. Ne jamais témoigner de sensibilité. Cette connasse de fierté déguisée en estime de soi nous dicte nos faits et gestes, nous dicte la nature de nos relations.

Une société du faux semblant. Une société du détachement. C’est ainsi qu’il faudrait l’appeler. Une société dans laquelle tout le monde se cache et tout le monde se ressemble, dans laquelle seule l’individualité compte. Une société dans laquelle les relations humaines sont davantage régies par notre propre égocentrisme que par un réel intérêt pour autrui, que par une réelle volonté de découvrir l’alterité. Une société dans laquelle nous avons peur d’être qui nous sommes, de se dévoiler en tant qu’être sensible, en tant qu’être capable de folie, de désir, de tristesse et de colère.

L’indifférence et la fierté ont pris la place de la sensibilité et de l’humanité.

« Ne sois pas comme ça. Ca donne l’impression que t’es une salope, que t’es prude, que tu veux quelque chose de sérieux, que t’en as rien à foutre, que t’es faible… »

Il faudait sans cesse être dans un contrôle absolu de nos gestes, de nos compotements, de nos affects et de nos sentiments. Il faut être une armure, un bloc de béton, un corps sans âme. Mettre toujours un voile atténuant sur ce que l’on ressent, de peur que ce soit « trop », ou en tous cas que ce soit trop en décalage avec les autres et leurs ressentis. La peur de ce décalage peut nous dévorer entièrement. Nous empêcher d’exprimer ce que nous sommes. Etre transparent.e devient anormal, être sensible devient étrange…

Je rêve d’un monde dans lequel la sensibilité ne serait plus une faiblesse mais une force, un trait de caractère, une forme de puissance même. La fierté est d’une inutilité effarante et témoigne finalement d’une grande faiblesse. Parce qu’il y a si peu de gens sensibles, de gens empathiques, compréhensifs, vrais, honnêtes, capables d’aimer, de ressentir.

C’est terrifiant.

Il faudrait pouvoir pleurer, crier, chanter, danser, faire l’amour, dire toujours la vérité, être soi-même finalement, sans avoir peur de faire fuir les autres.

Il faudrait pouvoir dévoiler notre entiereté sans honte, car ce sont nos sensibilités qui nous fabriquent et qui construisent les relations humaines dans leur état le plus sincère et le plus pur.

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